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Un peu d'histoire de Champs-sur-Marne


Champs-sur-Marne est mentionné entre 1079 et 1096 dans une charte de franchise signée par Adam de Champs.


En 1399, Jeanne II de Champs-sur-Marne vend la seigneurie de Champs-sur-Marne à la famille d'Orgemont, originaire de Lagny-sur-Marne.


L'église de Champs-sur-Marne, ayant été détruite, est rebâtie en 1533.


L'importance stratégique de Gournay-sur-Marne à travers les âges s'explique par la présence dans le lit de la Marne entre le vieux moulin de Chelles et l'actuelle mairie de Gournay-sur-Marne d'une plateforme naturelle formant un gué d'environ un kilomètre et constituant le passage le plus propice en eau normale entre Lagny-sur-Marne et Paris.

Henri IV de France y fait construire un fort, surnommé Pille badaud ou Pillebadauds ou Pille badaut, pour empêcher le passage du ravitaillement vers Paris assiégé.

Henri IV installe le reste de son camp à Champs-sur-Marne.

Il y a de durs combats à Gournay-sur-Marne car un historien de l'époque raconte que l'on y a du sang jusqu'à mi-chausses.


Entre 1696 et 1698, Charles Renouard de La Touanne, trésorier de l'Extraordinaire des guerres, acquiert la seigneurie de Champs-sur-Marne.


Chateau de Champs-sur-Marne

Charles Renouard de La Touanne fait appel aux architectes Pierre Bullet et Jean-Baptiste Bullet de Chamblain en 1699 pour lui construire une nouvelle demeure à Champs-sur-Marne.

Mais il fait banqueroute et les travaux sont arrêtés.


Charles Renouard de La Touanne se voit confisquer le château de Champs-sur-Marne en 1701.


En 1703, la seigneurie de Champs-sur-Marne est rachetée par Paul Poisson de Bourvallais.

Celui-ci fait achever les travaux sous la direction de Jean-Baptiste Bullet de Chamblain.


La construction du Château de Champs-sur-Marne est achevée en 1707.


Au Château de Champs-sur-Marne, les jardins à la française sont créés vers 1710 sans doute par Claude Desgots, petit-neveu et élève de Le Nôtre.

L'opulence de Paul Poisson de Bourvallais, ses palais dont son hôtel particulier place des victoires, ses 15 seigneuries, qui couvrent une partie de la Brie, ses 10 ou 12 charges le désignent à la vindicte publique.

Paul Poisson de Bourvallais est accusé de malversations et la Chambre de justice, dirigée par le Adrien Maurice de Noailles le sanctionne en 1716.

Il doit se défaire du Château de Champs-sur-Marne et est exproprié de l'hôtel de Bourvallais.


En 1718, Marie Anne de Bourbon achète le château de Champs-sur-Marne.

Elle en cède aussitôt la nue-propriété à son cousin, Charles François de La Baume Le Blanc, Marquis de La Vallière.

Paul Poisson de Bourvallais, ayant payé son amende, peut aller reprendre le cours de ses affaires à la place des Victoires.

Mais, six mois plus tard, Paul Poisson de Bourvallais meurt en 1718.


En 1726, Louis XV fait réunir Noisy-le-Grand, Lognes et Villiers-sur-Marne à la baronnie de Champs-sur-Marne


Marie Anne de Bourbon

Marie Anne de Bourbon aura été souvent en désaccord avec ses demi-sœoeurs, Louise-Françoise de Bourbon et Françoise-Marie de Bourbon, filles de Madame de Montespan. Avant de mourir, elle obtient d'elles qu'elles se réconcilient.

Marie Anne de Bourbon meurt à Paris le 3 mai 1739.

Elle est enterrée à Paris dans la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Roch.


Louis César de La Baume Le Blanc Carte de l'Abbé de la Grive

Louis César de La Baume Le Blanc, Duc de La Vallière, hérite du Château de Champs-sur-Marne.

Il y mène une vie brillante et reçoit des hommes de lettre dont Voltaire, Diderot, d'Alembert, Moncrif.

Après la construction de son magnifique château de Montrouge, vers 1750, Louis César de La Baume Le Blanc délaisse peu à peu le château de Champs-sur-Marne.


Madame de Pompadour

La Marquise de Pompadour doit quitter Versailles quelque temps en 1757 suite à une cabale.

Louis César de La Baume Le Blanc cherche à vendre le domaine mais, faute de trouver un acquéreur, il le loue entre juillet 1757 et janvier 1759 à la marquise de Pompadour, dont il est l'ami, pour 12 000 livres par an.

En novembre 1757, la marquise de Pompadour reçoit à Champs-sur-Marne Charles de Rohan, prince de Soubise, au retour de la défaite de Rossbach.


En 1763, Louis César de La Baume Le Blanc vend le château de Champs-sur-Marne à Gabriel II Michel de Tharon.

Gabriel II Michel de Tharon meurt en 1765. Ses filles héritent.

Anne-Henriette-Françoise Michel, Marquise de Marbeuf, reçoit le Château de Champs-sur-Marne, celui de Gournay et leurs plantations.

Gabrielle Augustine Michel se voit dévolu le Château de Noisiel et les terres de Noisiel, Torcy-en-Brie, la Malnoue.


Carte de l'Abbé de la Grive

A la révolution française, le prieuré de Gournay est supprimé et ses biens devenus nationaux sont mis en vente.

Le 19 janvier 1791 et pour 216 000 livres, le sieur Jean-Joseph Payen, commissaire des Guerres du Roi d'Espagne, devient le nouveau propriétaire du domaine du Chesnay ou Chenet, district de Gonesse.

La ferme du Chesnay est donc aliénée de Gournay pour être rattachée à Gagny qui est d'abord attribuée, à tort, à Noisy-le-Grand.

Le domaine est d'une taille relativement importante puisqu'il totalisait 448 arpents en 29 pièces et possédait une ferme.L'hectare équivaut environ à 2 arpents 1/3.

Anne-Henriette-Françoise Michel est propriétaire du château de Champs-sur-Marne et de la ferme de Gournay dont Jean-Joseph Payen est aussi le régisseur.

Jean-Joseph Payen est à la fois son locataire, son homme de confiance et il deviendra une forme d'intendant ou de régisseur. Il est fortement question qu'il soit son amant.

Jean-Joseph Payen continue, après l'acquisition du Chesnay, de vivre avec la marquise au château de Champs-sur-Marne et dans l'hôtel particulier familial de celle-ci, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

On le nommera jusqu'à sa mort l'homme d'affaires de madame de Marbeuf.

Après l'acquisition du domaine du Chesnay, Jean-Joseph Payen achète, à la marquise, des terres en friches localisées sur le plateau de Gagny et se lance dans l'exploitation de la pierre à plâtre ou gypse.

Ces terres deviennent la carrière dite Payen, actuellement nommées carrière Saint-Pierre.

En 2 ans, Jean-Joseph Payen, en agronome averti, transforme le domaine du Chesnay en une des plus grandes fermes de la région.


Anne-Henriette-Françoise Michel, Marquise de Marbeuf, est convaincue par le Tribunal révolutionnaire d'être auteur ou complice d'une conspiration contre la sûreté du peuple français:

  • en dénaturant le produit d'un très grand nombre d'arpents de terre dans la commune de Champs-sur-Marne et en faisant semer à cet effet de la luzerne au lieu de blé,
  • en suscitant des troubles dans sa commune,
  • en désirant l'arrivée des Prussiens et des Autrichiens, pour lesquels elle conservait des provisions considérables dans sa maison de Champs-sur-Marne.

Jean Joseph Payen, jouissant de toute la confiance de la femme Marbœuf, est aussi convaincu de cette conspiration en ordonnant et dirigeant les semences de luzerne et en exerçant des vexations envers les patriotes de la même commune.

Anne-Henriette-Françoise Michel est condamnée à la peine de mort, et avec elle, Jean Joseph Payen et deux falsificateurs d'assignats : Nicolas Armand et Jean Renaud.

Anne-Henriette-Françoise Michel meurt le 5 février 1794 exécutée. Elle est inhumée au cimetière de la Madeleine.

Jean-Joseph Payen meurt le 18 Pluviôse An II guillotiné.

Sur le chemin la citoyenne Marbeœuf exhorte Jean-Joseph Payen à mourir avec courage ; elle lui dit :
- Après tout mon pauvre garçon mourir aujourd'hui ou mourir dans 20 ans c'est tout un.

Il lui répond :
- Si c'est tout un madame, j'aimerais bien mieux dans vingt ans.

Le Domaine de Champs-sur-Marne est saisi comme bien national.


Pierre-Marc Gaston de Lévis

Le domaine de Champs-sur-Marne est acquis par adjudication pour la somme de 200 000 livres en 1801 par Pierre-Marc-Gaston de Lévis, Duc de Lévis, neveu d'Anne-Henriette-Françoise Michel, marquise de Marbeuf.

Il y reçoit notamment François-René de Chateaubriand.


Pierre-Marc-Gaston de Lévis meurt le 15 février 1830.

Il est inhumé au cimetière de Picpus puisqu'il a souscrit lorsque ce lieu est transformé en cimetière privé.

Le 3 juin 1830, Gaston François Félix Christophe Victor de Lévis est autorisé à se faire appeler le duc de Lévis-Ventadour.

En 1831, Gaston François Félix Christophe Victor de Lévis revend le château Champs-sur-Marne à Jacques Maurice Grosjean.

C'est probablement alors que les parcs des Châteaux de Champs-sur-Marne et de Noisiel sont séparés par un mur et une clôture légère longeant le fossé.


Champs sans toit

En 1832, Jacques Maurice Grosjean, mal conseillé ou impécunieux, écrête la toiture à la Mansart et le remplace par un toit en terrasse à l'italienne bordée d'une balustrade.


En 1858, le domaine de Champs-sur-Marne devient la propriété de l'agent de change parisien Ernest Santerre.


Château de Noisiel

Aymard Marie Gabriel Raymond de Nicolaï vend les terres, les fermes dont la ferme du Buisson, et le Château de Noisiel à Émile-Justin Menier en 1879.

La surface du château est alors de 507 m2.

Cette vente sépare les domaines de Champs-sur-Marne et de Noisiel et provoque l'oubli du passage entre les deux châteaux. Une clôture délimite les deux parcs…

La ferme du Buisson abrite : une écurie de 24 stalles, une boucherie-vacherie pour 48 vaches, une bergerie pour 100 moutons, une salle de manutention pour la préparation de la nourriture.


Château de Champs-sur-Marne

En 1895, Sébastien Santerre, fils d'Ernest Santerre, vend le château de Champs-sur-Marne au Comte Louis Cahen d'Anvers, riche banquier parisien.

Le château de Champs-sur-Marne est en fort mauvais état.

Ils le font entièrement restaurer et remeubler à grands frais par Walter-André Destailleur, pour les bâtiments.

Achille Duchêne redessine les jardins à La française.

Le parc est orné de nombreuses copies de statues XVIIIème et agrémenté d'une orangerie.

Walter-André Destailleur restitue les combles à la Mansart, non sans modifier légèrement le profil de la toiture de la rotonde.

Les Cahen d'Anvers mènent grand train au château où ils organisent de nombreuses fêtes et reçoivent, entre 1895 et 1922, Marcel Proust, Isadora Duncan, Alphonse XIII d'Espagne, Paul Bourget.

Le domaine emploie plus de 60 jardiniers, 12 gardes-chasse, une vingtaine de domestiques et de nombreux ouvriers.


Château de la Bove

La reconstruction du château de la Bove à Bouconville, confiée à Bonnet, auteur du château de Ployart, se déroule de 1928 à 1933.

L'habitation, désormais plus près de la vallée, est en fait une réplique réduite du château de Champs-sur-Marne.


Charles Cahen d'Anvers

En 1935, Charles Cahen d'Anvers, fils du comte, fait don du château de Champs-sur-Marne à l'État et lui vend son mobilier.

Il émet le souhait qu'il devienne une résidence présidentielle ou serve de résidence de weekend au Président du Conseil.

Le château est classé parmi les monuments historiques le 24 juillet 1935 et un conservateur du domaine est nommé, le château étant ouvert à la visite.


Mohamed V, Roi du Maroc, est le premier hôte officiel du château de Champs-sur-Marne en juin 1939.


Fulbert Youlou

Le château de Champs-sur-Marne est modernisé en 1959. Les intérieurs sont entièrement restaurés.

Le général de Gaulle fait de Champs-sur-Marne une résidence pour les chefs d'État en visite officielle en France, principalement les chefs d'état africains accédant à l'indépendance :

  • Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal, en 1961,
  • Félix Houphouet-Boigny, président de côte d'ivoire, en 1961,
  • Le Chah d'Iran, en 1961,
  • L'abbé Fulbert Youlou, président de la République du Congo, y reçoit le général et Mme de Gaulle à déjeuner le 22 novembre 1961,
  • Moktar Ould Daddah, président de la Mauritanie, en 1962,
  • Hassan II, roi du Maroc, en 1963,
  • Jean-Bedel Bokassa, président du Centrafrique, en 1969.

Cette vocation cessera définitivement en 1971.